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Comment utiliser CSS3 dès aujourd’hui
Par raphaelle, publié dans Design le 11 avril 2010
CSS3 en bref
CSS3 permet la création d’effets visuels qui ne pouvaient pas être réalisés auparavant, ou qui nécessitaient du marquage en plus et/ou du Javascript.
En bref, CSS3 simplifie le job de l’intégrateur et met plus d’outils à sa disposition.
Parmi les nouveautées inclues dans les specifications CSS3, on trouve :
- text-shadow : en une ligne on peut ajouter une ombre portée à du texte, et bien plus encore car on peut ajouter autant d’ombres qu’on le souhaite. Pour chaque ombre on définit les distances par rapport au texte d’origine sur les axes x et y, ainsi qu’une valeur de flou. Voici un exemple.
- RGBA : avant on avait la propriété « opacity » qui permettait de rendre des objets translucides. L’inconvénient c’est que tout ce qui est contenu dans cet objet devient translucide, ce qui peut rendre les textes moins lisibles. Avec RGBA on peut définir des couleurs de fond et leur degré d’opacité avec la propriété « background », donc pas de problème de texte illisible.
- Images de fond multiples : avec CSS3 on n’est plus limité à une image de fond par objet ; le nombre est a priori illimité.
- box-sizing : cette propriété permet de changer le « box model ». On a la possibilité d’inclure le padding dans la taille de l’objet, ou le padding + la bordure.
Cette liste n’est pas exhaustive ; Il existe bien d’autres propriétés : dégradés, animations, rotations et autres.
Le problème
Toutes ne sont pas compatibles avec les mêmes navigateurs et à ma connaissance, aucune n’est compatible avec les versions 7 et 8 d’Internet Explorer. Il faudra attendre IE9 pour voir du CSS3 chez Microsoft. (Voir ce tableau de compatibilité des navigateurs avec CSS3.)
Comment utiliser CSS3 dès aujourd’hui alors que Internet Explorer concerne plus du tiers des internautes ?
Cela va dépendre du projet, car si vous créez un site pour un public en particulier qui utilise à 80% IE7, ce n’est peut-être pas très intéressant d’utiliser CSS3. En revanche si votre public se situe dans la moyenne avec 35% de IE, ou mieux, si vous vous adressez à un public assez « geek », vous pouvez dès maintenant utiliser CSS3 tout en travaillant sur des vues alternatives pour les navigateurs moins évolués.
Par ailleurs, il faut savoir que certaines propriétés CSS3 peuvent être reproduites à l’aide de filtres pour IE (ombres, transparence, rotations). Ces filtres sont un peu pénibles à utiliser et ne produisent pas exactement les mêmes effets que CSS3 mais ça peut dépanner. Ne pas oublier de les mettre dans des feuilles de style séparées.
Solution : la dégradation gracieuse
Il est tout a fait possible de concevoir un site utilisant CSS3 pour des effets d’ombres, de rotations, de dégradés ou autre, et d’offrir une version alternative, plus simple, aux navigateurs moins évolués.
Cas pratique : CannyBill.com
Le site CannyBill.com a été réalisé par Andy Clarke. Si vous visualisez ce site sur plusieurs navigateurs vous verrez quelques petites différences. Cet article écrit par Andy Clarke explique sa démarche et présente des aperçus des différents navigateurs.
Selon Andy Clarke, star du Design Web et défenseur des standards Web, il ne faut pas chercher à obtenir exactement le même design dans tous les navigateurs ; il faut produire la meilleure version du site pour le meilleur navigateur (sa référence à lui est Safari 4), puis on descend la chaîne des navigateurs jusqu’à IE en adaptant le design.
Au final, l’utilisateur ne se rendra compte à aucun moment qu’il ne voit pas certains effets du fait du navigateur qu’il utilise. On parle donc de « dégradation gracieuse » car quel que soit le navigateur utilisé, l’internaute est face à un site cohérent visuellement.
Cas pratique : For a beautiful web
Sur la page d’accueil il y a 3 jaquettes de DVD en vente. Sur Safari 4, quand on passe la souris sur une jaquette, le DVD sort vers la droite avec un effet de rotation. Sur Firefox 3.6 le DVD sort sans effet de rotation, et sur IE 7 et 8, le DVD ne bouge pas.
Dans aucun de ces cas l’internaute se demande-t-il si c’est normal ou « cassé » – car peu de gens regardent un même site sur 5 navigateurs différents – donc il s’agit d’un petit plus pour les utilisateurs de Safari et Firefox.
CSS3 en 2010
Donc, pourquoi ne pas utiliser CSS3 dès aujourd’hui ? Il existe un outil qui permet de styler les éléments d’une page différemment selon qu’un navigateur supporte telle ou telle propriété CSS3 en incluant un simple fichier Javascript. Il s’agit de Modernizr. Par exemple, si le navigateur utilisé ne supporte pas le RGBA, Modernizr ajoute la classe « no-rgba » sur le tag HTML, ce qui permet de définir d’autres couleurs pour tous les navigateurs qui ne supportent pas RGBA.
Dans cette expérience, j’ai utilisé du RGBA, des images de fond multiples, et la propriété box-sizing pour inclure le padding et la bordure dans les tailles que j’ai défini.
Quelques liens
J’ai trouvé plusieurs outils qui génèrent les styles en donnant les versions des différents navigateurs. Chacun de ces outils ne propose pas les mêmes propriétés donc il faut en utiliser plusieurs.
- CSS3 please
- CSS3 generator
- Plusieurs outils par Western Civilisation :
- CSS3 gradient generator pour générer des dégradés
- Border radius pour générer des coins arrondis
Maquettes interactives : le design dans le navigateur
Par raphaelle, publié dans Design le 23 mars 2010
Toujours à la recherche de nouveaux process, outils et pratiques, je me suis penchée sur l’idée de ne plus passer par Photoshop pour la création graphique de sites, mais de passer tout de suite à l’intégration. Francis Chouquet (fran6art) parle de « maquettes interactives« .
Le sujet fait un peu de bruit depuis quelques mois, certains voient les avantages de cette manière de travailler, d’autres ne sont pas prêt d’abandonner Photoshop de ci-tôt. Et bien sûr il y a ceux qui se situent au milieu.
Pourquoi une idée aussi farfelue ?
Tout Designer Web soucieux des meilleures pratiques en matière d’ergonomie, de référencement et d’accessibilité, saura que le contenu d’un site est primordial. Alors pourquoi ne pas structurer le contenu d’une page avant de passer à la couche design ? Voilà d’où est née l’idée du « designing in the browser », ou en français, du design dans le navigateur.
Cette manière de travailler n’est pas nouvelle, mais la naissance de CSS3 lui donne un intérêt nouveau. En effet, il est maintenant possible de créer de nombreux effet tels que des ombres, des rotations, des transparences et des dégradés, avec CSS3.
Vous me direz, CSS3 ne marchera pas dans de nombreux navigateurs populaires, alors pourquoi compter dessus ? Il y a plusieurs réponses possibles à cette question ;
- On pourrait dire que justement, cette méthode va permettre de concevoir un site avec les principes de « dégradation gracieuse » en tête. Peut-être que IE n’aura pas de coins arrondis ni d’ombre, mais on peut faire en sorte que la page reste visuellement intéressante et ergonomique sans ces éléments de design.
- Travailler dans le navigateur dès le début peut permettre d’éduquer son client de manière plus efficace : il verra tout de suite les différences d’un navigateur à l’autre au lieu de s’étonner qu’au final, son site n’est pas tout à fait le même que la maquette sous Photoshop.
- On peut choisir cet outil de travail comme point de départ, mais rien ne nous empêche d’altérer le code et de rajouter des images par la suite pour que certains effets soient visibles sur tous les navigateurs. Avant tout l’intérêt est de ne pas travailler dans un format statique. On peut même faire des captures écran et les envoyer au client si on veut mais ça perd un peu de son intérêt.
Photoshop vs. le navigateur
Alors bien entendu chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Dans Photoshop il sera sans doute plus rapide d’arriver à un design satisfaisant. D’après Dan (Wuup), qui a testé le design dans le navigateur pour ses clients, la phase du design initial est plus longue que dans Photoshop mais au final on gagne du temps sur le développement et donc sur la totalité du projet.
Je pense que les deux méthodes sont valables ; qu’on travaille dans Photoshop ou dans le navigateur, il s’agit de choisir un outil de création graphique qui sera le plus adapté à un projet et à un Designer Web.
Dan coupe la poire en deux en suggérant que le design d’une ou deux pages soit fait dans Photoshop, et le reste du site dans le navigateur. Ça me parait assez raisonnable comme approche, mais je ne suis pas sûre que ce soit très novateur.
Au moins, si on est le genre de Designer Web qui sait coder, on a le choix des outils. Mais ça c’est un autre débat qui fait du bruit depuis plusieurs années…
Quelques liens
- sxsw.beercamp.com : voici un site qui a été réalisé non seulement dans le navigateur, mais surtout avec aucune image – que du code !
- 24ways.org (en anglais) : Meagan Fisher exprime son dégoût pour Photoshop et son approche du design qui consiste à commencer par le contenu.
- Design Shack (en anglais) : voici une liste d’astuces et d’outils pour aider à concevoir un site dans le navigateur.
